Le Chêne Pointu, un jour après l'autre

Au 6ème étage d’un immeuble du Chêne Pointu, David coupe les cheveux de Pevo, une femme de 26 ans dont la famille vit en colocation avec 3 autres nigérians. L’occasion de partager les anecdotes du quartier et de revenir sur le sentiment d’abandon qui y règne. A sa sortie de terre en 1966, l’ensemble de 9 bâtiments enclavés et mal conçus avait pour ambition de proposer un accès à la propriété dans un cadre idyllique, aux portes de Paris. Un demi siècle plus tard, la copropriété considérée comme la plus délabrée de France, épicentre des émeutes de 2005, est restée tristement célèbre suite au drame qui a coûté la vie à Zyed Benna et Bouna Traoré. Si depuis, de nombreux propriétaires ont quitté le quartier, y cohabitent toujours ceux qui ont dû rester et ceux arrivés récemment, accueillis par des marchands de sommeil. Une communauté, habituée du système D, qui se soutient malgré les entraves. S’ils ont cessé de croire aux promesses qui leurs sont faites par les autorités, eux n’abandonnent pas. A l’image de la famille Sylla dont l’appartement chaleureux contraste radicalement avec les parties communes délabrées. Telle une constellation, leurs habitations scintillent à la nuit tombée sur la façade des blocs de béton . L’heure pour Peter de rejoindre discrètement le logement de fortune qu'il occupe sur un toit. Au Chêne Pointu, chacun essaye de composer avec cet environnement sinistré pour s’aménager un semblant de normalité.
 

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